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C’est peut-être l’un des plus petits pays du monde, mais la politique de développement durable de Monaco est à l’avant-garde.

Sous la houlette du prince Albert II, la principauté est en train de devenir un improbable leader mondial en matière de conception de bâtiments durables et d’initiatives écologiques, tant sur terre que dans les eaux maritimes environnantes.

POLITIQUE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE À MONACO

En 2006, le Prince Albert II a créé la Fondation Prince Albert II Monaco afin de contribuer à la protection de l’océan et de la Terre pour l’avenir de l’humanité et d’encourager une nouvelle relation avec la nature et les différentes espèces sur Terre. Au cours des 15 dernières années, la fondation a investi près de 100 millions de dollars pour financer quelque 700 projets axés sur la promotion des énergies renouvelables, la préservation de la biodiversité, la lutte contre la déforestation et la limitation des effets du changement climatique.

Soucieux de créer une Terre plus propre et plus verte, le Prince Albert s’est engagé à mettre en œuvre une politique de développement durable solide à Monaco, dans le but de parvenir à un bilan net zéro en 2050.

“Nous sommes toujours sur la cible en ce moment”, a dit le prince dans un message de 2021. interview avec le Washington Post, “réduire de 55 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 et de parvenir à la neutralité carbone d’ici à 2050. La plupart des pays ont fixé le même type d’objectifs, mais je ne sais pas combien sont encore dans les clous.”

CONSTRUCTION DURABLE À MONACO

La durabilité étant au premier plan des préoccupations de chacun, les projets de développement à Monaco doivent désormais être aussi écologiques que possible et construits conformément aux politiques de planification durable de la principauté.

Mareterra Monaco, par exemple, est un nouvel éco-quartier qui s’enorgueillit d’avoir des bâtiments durables et des technologies de pointe intégrés dans le tissu même du développement, notamment des panneaux solaires, des systèmes de récupération des eaux de pluie et des stations de recharge pour véhicules électriques.

Les jardins luxuriants, qui comprendront quelque 800 arbres plantés à dessein, ont également été conçus pour encourager la nature, y compris des nids d’oiseaux et des hôtels à insectes placés stratégiquement pour assurer la prospérité de la nature.

Non seulement le projet est durable en soi, mais sa construction a été conçue de manière à minimiser son impact sur l’environnement, notamment par la création de récifs artificiels pour encourager la vie marine et la protection de plus de 500 mètres carrés de Posidonia Oceanica, une espèce protégée d’herbes marines qui joue un rôle essentiel dans le maintien de la santé des océans.

Véhicules électriques

Une grande partie de la politique de développement durable de Monaco consiste à encourager les véhicules électriques et les modes de transport durables.

“Nous avons maintenant presque 10 % de la flotte globale de véhicules à Monaco qui est soit hybride soit électrique”, a déclaré le Prince Albert lors d’une récente interview. “Donc, pour un pays de moins de 40 000 habitants, c’est un assez bon ratio”.

L’année dernière, le gouvernement a installé plus de 140 bornes de recharge électrique dans toute la principauté, notamment sur le bord des routes et dans les parkings. L’initiative “Monaco On” s’appuie sur un réseau de bornes de recharge électrique de couleur jaune vif, dont l’utilisation est gratuite et la vitesse de recharge rapide. Et pour garantir une expérience totalement sans effort, une application d’accompagnement permet aux utilisateurs de voir les points de charge disponibles les plus proches.

Gastronomie durable

En 2009, Monaco a interdit l’apparition du thon rouge sur les menus des restaurants dans le cadre de sa politique de développement durable. Selon les rapports, au milieu des années 2000, 80 % du thon rouge a disparu des océans du monde, et la survie de l’espèce était menacée. Cette initiative a contribué à susciter un dialogue au niveau international et aujourd’hui, un peu plus de dix ans plus tard, les actions rebondissent.

Cette initiative n’est qu’une des nombreuses initiatives qui ont incité les Monégasques à repenser non seulement le contenu de leur assiette, mais aussi sa provenance. La principauté propose désormais plusieurs certifications pour les restaurants, dont la certification Restaurant responsable, attribuée aux établissements qui adoptent de bonnes pratiques durables, notamment la réduction de l’utilisation de plastiques à usage unique et la lutte contre le gaspillage alimentaire. En outre, de nombreux restaurants de Monaco bénéficient de la certification européenne “Mr Goodfish”, qui est décernée aux établissements qui choisissent des produits de la mer durables.

Les meilleurs restaurants de Monaco contribuent à garantir des pratiques durables. Elsa, à l’hôtel Monte Carlo Beach, par exemple, est le premier restaurant biologique étoilé au Michelin à être certifié par Ecocert, prouvant ainsi que luxe et durabilité peuvent aller de pair.

D’autres restaurants ont recours au mouvement florissant d’agriculture urbaine de la ville, appelé Terre de Monaco, qui s’étend désormais aux terrasses, aux toits et aux petites parcelles de terrain. Par exemple, le restaurant Blue Bay du chef Marcel Ravin au Monte Carlo Bay Hotel & Resort utilise les produits de son propre jardin biologique.

Comme le note Prince Albert, la création d’un avenir plus vert ne se limite pas à de grands changements radicaux ; il s’agit de tout le monde « essayant simplement d’appliquer des mécanismes très simples et des façons très simples de vivre de manière plus durable et d’utiliser les ressources de manière beaucoup plus durable ».

La politique de développement durable de Monaco démontre que de nombreux changements peuvent réellement faire la différence en créant une Terre plus verte pour les générations futures.